Soulager l’enfant insomniaque
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ARRI 2013, vol. 27, n° 2

Editorial : Dr Sidney M. Baker

 

Le Dr Baker est ancien professeur de la faculté de médecine de Yale où il a effectué ses études de médecine et sa spécialisation en pédiatrie. Il a également été directeur du Gesell Institute of Human Development. Il est l’auteur de Detoxification and Healing, Child Behavior (avec Ilg et Ames), et a publié We Band of Mothers : Autism, My Son & the Specific Carbonhydrate Diet avec Judith Chinitz. Cofondateur du mouvement Defeat Autism Now!, le Dr Baker est également coauteur, avec le Professeur Jon Pangborn , de l’ouvrage Autism : Effective Biomedical Treatments .

 

Individualité : à chacun ses besoins

Le caractère unique de chaque être vivant est une r éalité scientifique fondamentale. C’est l’individu et non la maladie que l’on cherche à soi gner. Parents, soignants et médecins s’efforcent de répondre à chacun des besoins non sa tisfaits de l’enfant afin de le préserver de ce qui lui nuit et de lui donner ce qui est bon pour lui. L’intuition, le bon sens, des essais de courte durée, des tests de laboratoire, et chaqu e détail de l’histoire de l’individu contribuent à façonner les jalons qui viendront ali menter l’élan vigoureux de la nature au service de la croissance et de la guérison. Les fac teurs à éviter sont les toxines et les allergènes. Ceux à privilégier sont les nutriments, les compléments alimentaires, la lumière, l’amour et l’intégration rythmique.

 

Intégration rythmique : nous en avons tous besoin

Quelles que soient par ailleurs nos différences, no us sommes tous au même titre concernés par l’intégration. Nous devrions tous danser sur un seul et même rythme, celui instauré par le cycle jour-nuit de la terre.

Comment des personnes différentes s’ajustent-elles dans ce schéma ? Pour ce qui est de nos besoins, nous devons chacun ajuster le rythme de no tre corps ; les règles sont semblables à celles de la musique. Elles nous laissent une petit e marge de manœuvre, mais pas au point de nous autoriser à marcher sur le pied de notre pa rtenaire, de bouger à contretemps ou de chanter sur une autre tonalité.

Quelque chose ne va pas quand il y a décalage entre les différents rythmes des molécules, des ondes cérébrales, des battements cardiaques, de la respiration, de la digestion, et ces cycles de 90 minutes de « hauts » et de « bas » que l’on observe tout au long des cycles diurnes et nocturnes. On pourrait prendre cette ima ge du son d’un orchestre dont les vibrations des cordes, le battement des percussions et la baguette du chef d’orchestre s’accorderaient de telle manière que l’oreille huma ine puisse déceler tout signe de désynchronisation.

Tout son autre que celui d’une respiration calme ch ez un enfant couché est signe d’un problème. Des pleurs fréquents ou récurrents, des c ris, des coups, des gloussements ou des éclats de rire indique qu’il faut changer quelque c hose. Le simple fait que l’enfant demeure éveillé une fois couché est suffisant pour vous ame ner à vous intéresser à ce suit.

 

Douleur

Le premier aspect à prendre en compte, lorsque l’on se penche sur les « comportements » de nos enfants, est celui de la douleur. La douleur résulte généralement de dysfonctionnements du tube digestif, empêchant un t ransit fluide « vers le sud » des aliments et des selles. Cette notion de fluidité en globe naturellement les « ondes » et les « rythmes ».

Le problème peut résider en n’importe point entre l ’œsophage (comme dans le reflux) et l’anus, avec une inflammation qui se manifeste esse ntiellement par des crampes et de la constipation. L’inflammation peut résider dans l’in testin ou au niveau du mésencéphale, siège des fonctions régulatrices (rythmiques) du sy stème digestif – ainsi que de toutes les autres fonctions automatiques du corps humain. De t outes les souffrances que peut endurer l’être humain, les crampes intestinales font partie de celles dont les causes s’avèrent presque aussi inquiétantes que les douleurs qu’elle s infligent, bien que généralement limitées et bénignes.

Imaginons que vous soyez en présence d’un enfant (o u d’un adulte) souffrant de troubles du sommeil peut-être dus à des douleurs abdominales pé riodiques. La mesure la plus sûre consistera alors à appliquer une crème ou une huile (qui n’en est pas vraiment une) de magnésium sur la peau. Deux marques peuvent être co mmandées sur internet, d’autres sont disponibles en pharmacie ainsi auprès des fournisse urs de compléments alimentaires bien connus des réseaux de l’autisme. Absorbé par la pea u, le magnésium atténue les crampes et l’« irritabilité neuromusculaire » dans les différe nts cas énuméré liste ci-après. (Je livre ici ma liste complète afin de donner une vision d’ensemble pour des personnes de tous âges).

 

Muscles squelettiques :

Crampes musculaires, dont douleurs dorsales, douleu rs au niveau de la nuque et du cou, céphalées, dysfonctionnement de l'articulation temp oromandibulaire

Contractions musculaires – les contractions faciale s sont courantes

Syndrome des jambes sans repos

Tensions musculaires

Douleurs musculaires

Sensations d’oppression thoracique, de difficultés pour inspirer profondément ou de devoir « penser à sa respiration », souvent interprétées c omme signes d’hystérie. Chez les enfants, ce symptôme se manifeste souvent par des soupirs.

Tics – comme chez ces enfants dont l’on dit aux par ents qu’ils n’ont pas de syndrome de La Tourette mais qu’ils vont vraisemblablement le déve lopper. La prise de magnésium a, de mon expérience, de bons résultats chez ces enfants.

ATM (problèmes d'articulation temporo-mandibulaire)

 

Autres muscles :

Constipation

Spasmes anaux — pouvant réveiller au cours de la nu it

Spasmes urinaires

Difficultés pour avaler, gorge serrée, « globus hys tericus »

Difficultés d’ajustement à des éclairages très inte nses à cause de spasmes au niveau des muscles chargés d’ajuster le diamètre de la pupille

Mains et pieds froids par vasospasme

Sensibilité aux bruits intenses, due à une tension anormale du muscle stapédien

Endométriose due à la « constipation », ou pérista ltisme inversé des trompes de Fallope

Crampes menstruelles

Asthme / respiration sifflante par constriction des muscles bronchiques

 

Système nerveux central :

Insomnie

Anxiété

Hyperactivité et agitation, mouvement constant

Crises de panique

Agoraphobie

Irritabilité

Migraines

 

Système nerveux périphérique :

Sensations d’engourdissement

Autres sensations anormales, dont des sifflements, des sensations vibratoires et autres particularités sensorielles

 

Système cardiovasculaire :

Prolapsus de la valve mitrale

Palpitations

Arythmie

Angine vasospastique

Hypertension

 

Autres :

Addiction pour le sel

Addiction pour les glucides

Intolérance aux glucides

Calculs rénaux

 

Le tube digestif et le foie se réveillent et prenne nt la relève pendant la nuit. Si pour une raison ou l’autre ce processus ne se déroule pas ha rmonieusement, le sommeil s’en trouve perturbé. Les crampes intestinales sont au nombre d es facteurs connus mais ne sont que l’un des nombreux symptômes d’irritabilité neuromus culaire (voir la longue liste ci-dessus) déclencheurs de crampes, aujourd’hui courantes dans nos sociétés industrialisées.

La solution réside en partie dans la prise de magné sium sous forme de lotions, de bains de sulfate de magnésium (sels d’Epsom à raison d’une t asse dans un bain chaud) ou de compléments alimentaires dans les limites tolérées sur le plan intestinal, en commençant par exemple par une dose de 150 mg au coucher, puis en augmentant les doses jusqu’à ce que les selles deviennent trop molles ou fréquentes , pour diminuer ensuite les doses à un niveau de confort. Le citrate de magnésium existe s ous forme de poudre sous le nom commercial CALM. Le magnésium calme le système nerv eux, mais dans le contexte qui nous intéresse ici il sert à atténuer les crampes muscu laires douloureuses des intestins.

 

Pilules

Aucun des points évoqués jusqu’ici ne concerne spéc ifiquement le spectre autistique. L’ARI a pour principe d’éviter l’approche « une pilule pour un mal » consistant à répondre à une maladie ou à un symptôme par un médicament ou autre remède. On pourrait s’attendre à ce qu’un article traitant des troubles du sommeil préc onise un somnifère. Donnerait-on un somnifère (tranquillisant, sédatif ou antihistamini que) à un enfant présentant un problème d’endormissement ? Absolument ! Avant une opération chirurgicale ou des soins dentaires, pour des interventions spécifiques, ou encore en ca s de problèmes en voyage ou autres circonstances particulières.

Mais attention au traitement de la douleur par séda tifs ! Le recours à des tranquillisants et antipsychotiques puissants n’est pas pertinent sans prise en compte très attentive de l’incidence de la douleur dans les troubles du somm eil et autres « comportements ».

 

Mélatonine

La mélatonine est, parmi les traitements évalués pa r des milliers de parents à travers les questionnaires de l’ARI (www.AutismTreatmentSurvey. com), l’un de ceux les mieux notés. Son taux de 8,3 pour 1 signifie que pour un enfant chez lequel un effet négatif aura pu être observé, l’effet aura été bénéfique chez huit autre s. Aucun sédatif, tranquillisant, antipsychotique ni anticonvulsif n’approche un tel taux, et aucun d’entre eux n’est aussi sûr que la mélatonine.

Des bénéfices peuvent être observés chez certains e nfants à des doses quotidiennes normales ou supérieures à celles considérées suffis antes pour un sommeil satisfaisant. Le taux de réussite élevé englobe à la fois des amélio rations du sommeil et un large ensemble d’effets positifs.

A l’instar du magnésium, pris pour combler des care nces, la mélatonine favorise l’endormissement naturel. Son effet n’est pas celui d’un sédatif mais plutôt celui d’une libération soudaine en forme de clocher si on la tr anscrit graphiquement sur une période de 24 heures. Le pic de l’effet intervient dans les he ures suivant minuit et fournit une sorte de signal synchronisant, un apport antioxydant et une aide anti-cancéreuse aux cellules à travers l’ensemble du corps.

Les doses nécessaires pour atteindre un tel pic peu vent être inférieures à 1 mg chez le jeune adulte. Si l’on augmente très progressivement les d oses (par paliers de 0,1 mg), certains enfants et adultes peuvent bénéficier en toute séc urité de doses journalières allant jusqu’à 20 mg ! Les résultats peuvent être perçus en l’espa ce de quelques jours. Une réaction très positive avec une amélioration sensible du sommeil ou d’autres améliorations notables doivent encourager à poursuivre l’essai, tandis qu’ un effet négatif ou l’absence d’effets justifiera l’arrêt du traitement.

 

Alka-Seltzer Gold et charbon actif (en séquence – n on mélangés !)

Une dose d’Alka-Seltzer Gold suivie au moins 20 min utes plus tard d’une dose de charbon actif fournit des informations presque aussi précie uses que le soulagement obtenu. L’équivalent d’ « Alka-Gold » peut être acheté sous forme de sels triples – poudres et gélules de sodium, magnésium et bicarbonate de potassium – auprès de fournisseurs de compléments alimentaires ou préparé en pharmacie. A lka-Seltzer Gold (pas Cold) ne contient que du bicarbonate de sodium et de potassi um. A ne pas prendre immédiatement après un repas copieux, il est sûr et apporte globa lement des améliorations. Rapidement absorbé par l’intestin et libéré dans le sang, il o père un ajustement léger et transitoire (appelé flux alcalin) de l’acidité indissociable de la quasi-totalité de nos problèmes aigus et chroniques lorsque nous sommes malades.

 

Le quart d’un comprimé d’Alka-Seltzer Gold chez le tout-petit ou deux comprimés chez l’adulte, dissouts dans un verre d’eau, peuvent êtr e donnés en toute sécurité une ou deux fois par jour pour en apprécier l’effet. Dans le co ntexte des troubles du sommeil, la première intension vise simplement à juger de son efficacité . Si le traitement est efficace – mettons en l’espace de moins de 35 minutes environ -, il fourn it des indications précieuses pour faire avancer les choses. Il permet de constater que quel que chose perturbe la personne à qui le traitement a été administré et constitue une soluti on temporaire pour éclairer la suite.

A moins que l’Alka-Seltzer Gold soit d’emblée un su ccès, la prochaine étape consiste à essayer le charbon actif. Celui-ci existe sous form e de comprimés à croquer ou de gélules de 100 à 560 mg. Pour ceux ne pouvant avaler des gélul es, la poudre peut être soigneusement extraite des gélules en évitant d’en faire tomber s ur les vêtements même si elle part au lavage. Pris sous forme de poudre, le charbon actif sera d’abord délayé dans de l’eau (le jus de raisin concentré surgelé – pur ou légèrement dil ué – permet de masquer le goût et la couleur chez les enfants pouvant consommer exceptio nnellement un peu de sucre). Si la personne risque de mâcher la capsule, il vaut mieux lui donner le chardon sous forme liquide (délayée dans le l’eau ou du jus) pour éviter le ri sque d’inhalation de la poudre noire.

De nombreux parents et personnes en difficulté déco uvrent que le charbon, du fait des effets de dégradation qu’il induit, s’accompagne de « jours sans », de réactions à des facteurs de stress tels que les allergènes alimenta ires, l’excès de sucre ou d’alcool, le manque de sommeil, ou même d’un simple état de faim et d’irritabilité. A l’instar de l’Alka- Seltzer Gold ou de son équivalent générique, le cha rbon activé opère comme une sorte de panacée.

Le risque de voir le charbon actif absorber des nut riments essentiels demeure minime du fait de son utilisation réservée au cadre diagnostic ou d’un traitement à court terme, et espacée d’au moins une heure de la prise d’aliments ou d’au tres médicaments. Pour plus d’informations, voir l’article www.emedic inehealth.com/activated_charcoal/ article_em.htm\.

 

Lumière et nourriture

Le rythme circadien (circa, « autour », et dia « jo ur ») concerne tout être vivant. Les scientifiques qui s’intéressent à ce cycle jour-nui t recourent au mot allemand « Zeitgeber » ( donneur de temps ) pour décrire les facteurs influant sur le cadence ment de ce cycle d’à peine plus de 24 heures.

Rester synchronisé sur le jour et la nuit afin de f aire coïncider nos cycles d’éveil et de sommeil, requiert des ajustements réguliers. La caf éine, la nourriture, l’activité et la lumière influent chacune profondément sur notre horloge int erne qu’elles font avancer ou reculer en fonction du moment d’exposition.

Des études menées sur le décalage horaire montrent qu’une faible projection de lumière à l’arrière du genou influe sur l’ajustement au chang ement horaire lors d’un vol entre New York et l’Europe. En d’autres termes, un peu de lum ière peut avoir des conséquences importantes. La présence d’une lumière, aussi faibl e fut-elle – qu’elle soit diffusée dans la chambre de l’enfant par l’éclairage urbain ou une m inuscule veilleuse – peut avoir une incidence majeure sur la qualité et la quantité du sommeil. La moindre intrusion de lumière dans la chambre suffit à déréguler la libération de mélatonine accompagnant un cycle jour- nuit normal. Se lever pour aller aux toilettes au m ilieu de la nuit peut bousculer l’équilibre du sommeil, sauf éclairage très faible et rouge. La na ture ne pardonnant pas, utilisez une veilleuse rouge de faible éclairage afin d’éviter d e trébucher dans le noir !

L’influence des horaires des repas nous réserve une autre surprise. La consommation de protéines le matin et de glucides le soir renforcent le cycle jour-nuit normal. Qu’en est-il de ces personnes qui s’adaptent plus ou moins bien au travail de nuit, ou plus performantes lorsqu’elles travaillent la nuit ou – comme c’est s ouvent le cas – lorsqu’elles consomment des glucides au petit déjeuner et des protéines le soir ? Oui certes, mais les règles du rythme sont les mêmes pour tous. Certaines personnes intol érantes aux glucides doivent-elles (temporairement) réguler la variété et la répartiti on de leurs apports alimentaires ? Oui, mais le sommeil demeure néanmoins favorisé par une consommation préliminaire de glucides, et la chimie diurne de l’organisme est so utenue par un apport en protéines le matin. Cela signifie-t-il que le rituel du sucré au petit-déjeuner et de la viande au dîner est mauvais ? Oui !

 

Intolérances alimentaires

La nourriture intervient d’une autre façon en ce qu i concerne le sommeil. Les troubles du sommeil chez les nourrissons sont souvent dus à une intolérance au lait. Une période d’éviction de chaque aliment consommé d evrait être tentée chez tout enfant souffrant de troubles du sommeil.

L’éviction rigoureuse suivie d’un test de provocati on constitue le test le plus efficace. Les sensibilités alimentaires cachées constituent le fa cteur non diagnostiqué le plus courant des problèmes d’insomnie infantile, après les autres as pects évoqués plus haut. Il s’agit d’un vaste sujet que l’on peut aborder efficacement en m ettant en rapport l’alimentation et les symptômes observés. Pour cela, tenez un journal des aliments consommés en listant les symptômes s’aggravant dans les 1 à 24 heures suivan t la consommation d’un aliment donné.

 

Neurotransmetteurs

Les taux de sérotonine du cerveau et du sang augmen tent la nuit. Certaines personnes s’avèrent très sensibles à l’une des matières const itutives de la sérotonine produite par l’organisme. Un apport en tryptophane peut nettemen t améliorer leur humeur et leur sommeil.

Le tryptophane est un acide aminé et les protéines sont constituées d’acides aminés. En quoi la consommation de protéines le matin bénéficie-t-e lle à la qualité du sommeil nocturne ? Contrairement à tous les autres acides aminés pris au cours de la matinée, le taux de tryptophane procuré par les repas ne fluctue pas du rant la journée. Le corps le conserve pour l’utiliser pendant la soirée.

Cela signifie-t-il que des compléments de tryptopha ne peuvent être pris le matin pour servir en fin de journée ? Oui, mais les personnes dont le sommeil bénéficie de cet apport en tryptophane obtiendront de meilleurs résultats en l e prenant dans la soirée. Chez l’adulte, une dose de 500 mg de tryptophane (équivalant à 100 mg de 5-hydroxytryptophane ou 5HTP, plus courant) peut être tentée pour mesurer s on effet sur le sommeil. Cette dose peut être ajustée à la baisse, soit le quart ou la moiti é de cette dose pour un enfant de 20 kilos. Le tryptophane peut-il avoir des effets indésirable s ? On a assisté dans les années 1990 à une soudaine épidémie d’une « nouvelle » maladie appelé e myalgie éosinophile, qui fut attribuée à un mauvais lot de L-tryptophane fourni aux Etats-Unis par un laboratoire japonais. Le tryptophane fut retiré du marché puis réintégré. Le 5HTP en revanche n’a jamais été interdit et demeure disponible sans prescriptio n.

L'acide gamma-aminobutyrique (GABA) est une autre p etite molécule qui joue un rôle important dans le cerveau. Un produit particulier, le GABA Calm, peut avoir des résultats positifs. Gardez toutefois à l’esprit que le recour s à des molécules faisant office de neurotransmetteurs peut avoir des effets inattendus . Ces effets, tels les effets indésirables de certains médicaments, peuvent apparaître rapidem ent et de façon imprévisible chez un individu donné. Etant donné le nombre de substances naturelles entrant dans la chimie du corps, telles que le GABA et le L-tryptophane, je p réfère nettement, sauf urgence, éviter les produits pharmaceutiques.

 

Herbes

La camomille, le chardon-Marie (silymarine), le kav a kava, et la valériane sont tous connus pour leurs effets prouvés.

Les infusions de camomille au coucher se pratiquent depuis des siècles. Leur goût n’est pas désagréable et elles apaisent.

Le chardon Marie, utilisé comme hépato-protecteur e n cas de toxicité médicinale ou d’empoisonnement par champignons, peut favoriser le sommeil en soutenant les processus élémentaires du métabolisme (en augmentant par exem ple les taux de glutathion réduit). Si son effet sur l’insomnie d’un enfant d’avère specta culaire, je rappelle que le foie travaille la nuit. Un foie perturbé la nuit constitue un plus gr and facteur d’insomnie que le cerveau, aussi le soutien de la fonction hépatique peut-il r égler les troubles du sommeil.

Le kava est largement utilisé. C’est une herbe apai sante, assez sûre pour un bref essai visant à mesurer son efficacité chez une personne donnée. La valériane est également efficace mais son goût est si mauvais qu’elle est de peu de secours chez les enfants.

 

Exercice physique

J’hésite à inclure l’exercice physique sur cette li ste car beaucoup des enfants que je connais sont suffisamment tendus et hyperactifs pour dépens er beaucoup d’énergie pendant la journée. Il serait toutefois regrettable de ne pas évoquer cette approche, facteur de sommeil dans presque tous les cas. Qu’il s’agisse de natati on soutenue – sport favori pour la plupart des enfants autistes que je connais -, de course su r tapis roulant, de vélo, de course ou de danse, l’exercice physique pratiqué jusqu’à un cert ain degré d’épuisement physique aidera n’importe quel enfant dont l’organisme refuse de se reposer la nuit.

 

Eau et musique

Des bains chauds accompagnés d’adagios de Mozart, A lbinoni, Bach ou Beethoven sous un éclairage tamisé constituent des pistes à ne pas né gliger pour tous les enfants, indépendamment de leur diagnostic.

 

Résumé

Les troubles du sommeil, comme tout autre trouble, exigent que l’on cherche à comprendre les causes sous-jacentes. L’approche biomédicale de s personnes atteintes de maladies chroniques suggère une logique simple que j’ai décr ite dans d’autres publications et vidéos. J’appelle cette logique la « médecine des principes », différente de la « médecine carnets à souche, qui étiquette, incrimine et jugule » car elle s’appuie sur les principes scientifique s de l’individualité et du rythme.

On ne fait pas facilement appel à cette médecine de s principes à 4 heures du matin, lorsqu’un enfant crie, se perd dans ses stéréotypie s, glousse, saute ou tout à la fois pendant des heures d’affilée. J’espère simplement que ce qu i précède vous sera utile pour prévenir ou traiter ce cauchemar qu’est l’insomnie, tant pou r les parents que les enfants. Pour finir, je vous encourage à rejoindre les plus de 6000 membres du réseau mondial Autism360.org, auprès duquel vous trouverez des con seils fondés sur l’expérience pratique. Notre service est gratuit grâce au soutien de la fo ndation Moody, de Google, et d’autres organismes tels que l’ARI, qui croient en notre dém arche fondée sur l’expérience collective et individuelle. Enfin, ne manquez pas de vous proc urer et d’utiliser l’excellent nouveau livre de mon ami et collègue Jon Pangborn, P.h.D. , Nutritional Supplement Use for Autistic Spectrum Disorder , disponible sur Autism.com et Amazon.com.

 

Références :

Baker S.M., Magnesium deficiency in primary care an d preventive medicine: symptom profiles in relation to magnesium loading studies ( traitement des carences en soins de première intension et soins préventifs : profil des symptômes dans le contexte des études sur l’apport en magnésium ), Magnesium and Trace Elements , 1991-1992 ; 10:251-262.

Baker SM., Principle based medicine ( de la médecine des principes ), Journal of Integrative Medicine , 2011, Vol. 10, No. 5, 22-33.

Baker SM., Autism spectrum: new metaphor—new paradi gm for chronic illness ( spectre autistique : nouvelles métaphores et nouveaux parad igmes d’une maladie chronique ), North American Journal of Medicine and Science , juillet 2012, Vol. 5, No. 3, 193-97.

Baker SM., Autism 360: The development of an online database with patient-entered data ( Autism 360 : constitution d’une base de données en ligne de données fournies par les patients ), Integrative Medicine , Vol. 11, n° 1, février-mars 2012, 18-26.

Baker SM, Milivojevich A., Gender differences among children with autism spectrum disorders: differential symptom patterns, global ad vances in health and medicine ( différences associées au sexe des enfants avec synd rome autistique : schémas différenciés de symptômes, avancées en matière de santé et de mé decine ), sous presse.