Une nouvelle étude vient étayer la thèse de l’incidence du stress oxydant
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ARRI Vol. 20, No 4, 2006

 

Dans un article pionnier de 2004, Jill James et al. évoquaient l'incidence du stress oxydant dans l'autisme (voir l'ARI 18/4). Une nouvelle étude menée par ces chercheurs vient étayer et enrichir leurs constatations préliminaires.

Un stress oxydant se produit lorsque des molécules nuisibles, les "radicaux libres" attaquent les cellules du corps. James et al. s'intéressent plus particulièrement à deux processus essentiels à la protection contre le stress oxydant, et qui semblent perturbés dans l'autisme :

  • la méthylation, processus chimique dans lequel les gènes sont "activés" ou "désactivés" ; la méthylation a une incidence sur tout le fonctionnement du corps, y compris les systèmes immunitaire et nerveux ;
  • le métabolisme du glutathion : le glutathion est un antioxydant important (qui aide le corps à combattre les effets des métaux lourds et autres substances toxiques). Des niveaux abaissés de glutathion peuvent conduire à un stress oxydant susceptible d'endommager le cerveau, la muqueuse intestinale et les cellules immunitaires, souvent perturbés chez l'enfant autiste.

La meilleure mesure de la capacité de méthylation est le rapport existant entre deux substances, la S-adénosyl-L-méthionine (SAM) et la D-adénosyl-L-homocystéine (SAH) (c'est ce que l'on appelle le rapport SAM/SAH). Lorsque James et al. ont testé et comparé les résultats de 80 enfants autistes et de 73 enfants non autistes d'âge similaire, ils ont constaté que le ratio SAM/SAH était sensiblement inférieur à celui des enfants du groupe de contrôle. De nombreux enfants autistes présentaient également une diminution très importante du rapport de glutathion "actif" (GSH) par rapport au niveau de glutathion "inactif" (GSSG). La cystéine, autre substance nécessaire à la synthèse du GSH, était également sensiblement diminuée. Cela signifie, estiment les chercheurs, que les éléments nécessaires à la synthèse du GSH sont insuffisants.

En étudiant les gènes connus pour moduler directement ou indirectement ces voies métaboliques, les chercheurs ont constaté des augmentations significatives de la fréquence de certaines variantes génétiques (polymorphismes), ainsi que des interactions gènes-gènes significatives.

Leurs conclusions sont les suivantes, "nous suggérons qu'une vulnérabilité accrue au stress oxydant (endogène ou environnemental) peut contribuer au développement et aux manifestations cliniques de l'autisme".


"Metabolic endophenotype and related genotypes are associated with oxidative stress in children with autism" (association stress oxydant et endophénotype métabolique et génotypes associés chez les enfants atteints d'autisme), S. J. James, S. Melnyk, S. Jernigan, M. A. Cleves, C. H. Halsted, D. H. Wong, P. Cutler, K. Bock, M. Boris, J. J. Bradstreet, S. M. Baker et D. W. Gaylor, American Journal of Medical Genetics, 17 août 2006. Adresse : Jill James, Arkansas Children's Hospital Research Institute, 1120 Marshall St., Slot 512-40B, Little Rock, AR 72202, [email protected].