De l’incidence des acides gras sur la dyspraxie
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ARRI Vol. 19, No. 1, 2005

Selon une récente étude britannique, l'apport d'acides gras peut aider de manière très sensible les enfants présentant des troubles du comportement et de la coordination ainsi que des retards cognitifs.

Alexandra Richardson et Paul Montgomery ont constitué une cohorte de 117 enfants âgés de 5 à 12 ans afin de mener une étude en double aveugle avec groupe de contrôle. Tous ces enfants présentaient des troubles développementaux de la coordination (dyspraxie), syndrome fréquemment associé à des pathologies telles que l'autisme, l'hyperactivité avec déficit de l'attention et la dyslexie.

La moitié des enfants a suivi un traitement d'acides gras tout au long des six mois de l'étude. Les autres enfants ont pris quant à eux un placébo (huile d'olive) pendant les premiers trois mois, avant de poursuivre avec un traitement d'acides gras pendant le reste de l'étude. Le traitement revêtait la forme de capsules composées de 80% d'huiles de poisson et 20% d'huile de primevère, le tout présentant une forte teneur en acides gras oméga-3 EPA et DHA, et en acide gras linoléique oméga-6.

Pour aucun des deux groupes les chercheurs n'ont noté de changements sur le plan de la coordination. En revanche, ont-ils déclaré, le groupe prenant des acides gras affichait une progression de plus de neuf mois sur le plan de la lecture au cours des trois premiers mois, contre seulement trois mois chez les enfants non traités. Sur le plan de l'orthographe, le groupe sous traitement avait progressé de six mois, contre moins de deux mois chez les enfants non traités dont le retard s'est ainsi creusé.

En outre, les symptômes de l'hyperactivité avec déficit de l'attention se sont considérablement estompés dans le groupe traité, tout en demeurant pratiquement inchangés pour le groupe non traité. Au début de l'étude, environ un tiers des enfants présentait les signes d'une hyperactivité avec déficit de l'attention, mais à l'issue de l'étude, ces troubles avaient complètement disparu chez la moitié des enfants sous traitement. Les gains en termes de comportement, ont indiqué les auteurs, étaient comparables à ceux affichés dans les études consacrées à la Ritaline.

Une fois sous traitement, les enfants jusque là sous placébo ont commencé à progresser de manière comparable sur le plan cognitif et scolaire. Parallèlement, les enfants toujours sous traitement continuaient de progresser de manière significative.

Richardson et Montgomery ont indiqué que leurs études allaient dans le sens d'autres études ayant démontré que les carences ou déséquilibres en acides gras "pouvaient� contribuer à l'apparition de différents troubles psychiatriques et neurologiques chez l'adulte, ainsi que de troubles du développement chez l'enfant tels que déficit d'attention avec hyperactivité, dyslexie (difficultés de lecture), dyspraxie (perturbation de la coordination) et troubles du spectre autistique.


"The Oxford-Durham Study: a randomized controlled trial of dietary supplementation with fatty acids in children with developmental coordination disorder", Alexandra J. Richardson et Paul Montgomery, Pediatrics, Vol. 115, No 5, mai 2005, 1330-66. Adresse : Alexandra J. Richardson, University Laboratory of Physiology, Parks Road, Oxford OX1 3PT, Royaume-Uni, [email protected]