Autism Research Institute

ARRI Volume 21, No 3 - Nov. 2007

Une étude donne un aperçu des anomalies de connexion dans l'autisme

Différentes études indiquent que l'autisme se caractérise par des connexions défaillantes entre différentes zones du cerveau fonctionnant correctement mais mal interconnectées (voir l'ARRI 18/3 et 18/4, 2004). Une nouvelle recherche suggère toutefois que les anomalies de connectivité pourraient être en réalité dues à un câblage inefficace au sein des différentes zones.

Dans une étude menée auprès de 10 enfants et adolescents atteints d'autisme et 10 sujets témoins non handicapés, Tony Wilson et al. ont recouru à la magnétoencéphalographie (MEG) pour mesurer la réponse électrique du cerveau des participants à une série de stimuli sonores ("clics"). "Ce test mesure la capacité du cerveau à réagir à ce qu'il entend", a indiqué Wilson. "Les cellules d'un cerveau fonctionnant correctement réagissent à une fréquence de 40 Hertz).

L'hémisphère droit du cerveau, sollicité pour l'attention et le traitement spatial, réagissait de manière similaire dans les deux groupes. En revanche, de grosses différences sont apparues entre les sujets autistes et non handicapés pour ce qui est des réponses de l'hémisphère gauche, impliqué dans le langage et la logique. Lors du test de l'hémisphère gauche, les sujets non handicapés répondaient de manière normale, soit 200 ms après le début du stimulus. En revanche, ont indiqué les chercheurs, à 40 Hz, les sujets autistes répondaient de 200 à 500 ms après le début du stimulus.

Cette constatation, indiquent les chercheurs, montre qu'une faible connectivité entre les différentes zones du cerveau commence par une mauvaise connectivité locale à l'intérieur des différentes zones. "Sachant le rôle avéré de ces cellules dans la génération de l'activité à haute fréquence", ont-ils indiqué, "nous pensons qu'un manque d'interneurones inhibiteurs locaux pourrait constituer le mécanisme neural sous-jacent de ce manque de connectivité".

Les résultats de l'étude sont logiques, indique Wilson, car "tant les observations anecdotiques que comportementales suggèrent que les enfants souffrant d'autisme sont handicapés par des circuits cérébraux perturbés au niveau local à l'intérieur de zones individuelles du cerveau". C'est ainsi qu'ils ont tendance à limiter leur perception visuelle des visages à certaines zones du visage, telles qu'un nez ou un œil, mais pas à l'ensemble du visage".

Wilson et al. estiment qu'il est peut-être prématuré de mettre les anomalies de connectivité exclusivement sur le compte d'un manque de connexions entre les différentes zones du cerveau. Plutôt, indiquent-t-ils, "ce sont des anomalies des circuits locaux qui pourraient se traduire par des difficultés dans les interactions neurales fonctionnelles".

Les chercheurs ont indiqué que les différences constatées entre les réponses des deux hémisphères étaient imprévues, mais notent que ces constatations sont cohérentes avec un certain nombre d'études de l'autisme montrant des anomalies de l'hémisphère gauche dans les réponses aux stimuli auditifs". Wilson et al. notent que des anomalies à 40 Hertz sont également constatées dans d'autres troubles tels que la schizophrénie. Ils concluent que "ces anomalies sont peut-être mieux envisagées comme facteurs de risque non spécifiques dans un certain nombre de troubles neuro-développementaux".


"Children and adolescents with autism exhibit reduced MEG steady-state gamma responses" (la MEG montre que les enfants et adolescents avec autisme fournissent à un état stable une réponse gamma limitée), Tony W. Wilson, Donald C. Rojas, Martin L. Reite, Peter D. Teale et Sally J. Rogers, Biological Psychiatry, Vol. 62, No. 3, 1er août 2007, 192-7. Adresse : Tony W. Wilson, Campus Box C268-68, CPH, University of Colorado Health Sciences Center, 4200 E. 9th Avenue, Denver, CO 80262, Tony.Wilson@uchsc.edu.

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"Research may unlock mystery of autism's origin in the brain" (la recherche parviendra peut-être à résoudre les mystères de la genèse de l'autisme dans le cerveau), communiqué de presse, Wake Forest University Baptist Medical Center, 22 août 2007.

Traduit par é.t.i.c