ARRI Vol. 22, No 3, 2008
Étude sur la souris : le thimoséral plus dangereux chez le mâle
Un scientifique qui étudiait la dose maximale de thimoséral tolérée par la souris a signalé une découverte surprenante : les souris mâles sont beaucoup plus sensibles que les femelles aux effets de ce conservateur à forte teneur en mercure. Une constatation qui pourrait étayer la théorie selon laquelle le thimoséral, largement utilisé par le passé dans les vaccins infantiles et toujours présent dans certains vaccins, joue un rôle dans l'autisme, pathologie à très forte prévalence masculine.
Donald Branch et al. de l'université de Toronto menaient cette étude sans rapport avec l'autisme lorsqu'ils ont découvert que "la dose maximale tolérée de thimoséral variait selon le sexe de la souris". À une dose donnée, par exemple, les sept souris mâles exposées décédaient tandis que les femelles survivaient sans autre symptôme notable de toxicité qu'une perte passagère de poids. D'une manière générale, indique Branch, le thimoséral s'avère trois fois plus toxique chez les mâles que les femelles, un résultat "totalement inattendu".
"Aussi", ajoute-t-il, "bien que ces recherches ne soient pas directement pertinentes dans le cadre de la controverse qui entoure le thimoséral et l'autisme, et malgré leur caractère préliminaire du fait du petit nombre de souris étudiées, elles constituent la première constatation d'une toxicité sélective du thimoséral selon le sexe. Un paramètre qui devrait être pris en compte dans les études à venir sur la toxicité du thimoséral ".
Branch note également que les doses de thimoséral étudiées étaient bien supérieures à celles auxquelles les humains sont exposés par le biais des vaccins. Toutefois, ajoute-t-il, "ceci ne remet nullement en cause l'incidence de nos résultats pour lesquels le critère retenu était celui de la mortalité".
Branch évoque des recherches suggérant qu'une exposition prénatale ou néonatale élevée à la testostérone pourrait constituer un facteur de risque dans l'autisme. "En outre", ajoute-t-il, "on a pu dire que les oestrogènes protégeaient contre les effets neurotoxiques et pourraient préserver de certaines maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson. Nos résultats évoquant une toxicité accrue du thimésoral chez les mâles suggèrent que les oestrogènes produits par les femelles pourraient préserver de la toxicité du thimoséral, tandis que la testostérone pourrait n'avoir aucun effet. A moins qu'elle ne renforce les effets toxiques du thimoséral".
"Gender-selective toxicity of thimerosal" (toxicité sélective du thimoséral selon le sexe), D. R. Branch, Experimental and Toxicologic Pathology, 2 septembre 2008. Adresse : Donald R. Branch, don.branch@utoronto.ca.
Traduit par é.t.i.c
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