ARRI Volume 21, No 2
Des carences en fer pourraient favoriser les troubles du sommeil
Une nouvelle étude suggère que des taux abaissés de fer pourraient jouer un rôle dans les troubles du sommeil de certains enfants autistes, et que l'apport de fer pourrait atténuer ce problème.
Cara Dosman et al. notent que chez l'adulte, les carences en fer sont associées au syndrome de des jambes sans repos qui se caractérise par des sensations déplaisantes au niveau des jambes, uniquement soulagées par le mouvement. Chez l'enfant, les carences en fer peuvent être à l'origine de modifications du cycle du sommeil, assorties de mouvement des jambes pendant le sommeil à ondes lentes.
En évoquant nombre études indiquant des carences en fer chez de nombreux enfants autistes, les chercheurs indiquent que "les problèmes de sommeil de certains enfants atteints d'autisme (tels qu'un temps d'endormissement plus long, des contractions musculaires et une augmentation de l'activité musculaire pendant le sommeil paradoxal), associés à une ferritine fréquemment abaissée, suggèrent une association possible entre les troubles du sommeil dans l'autisme et le syndrome des jambes sans repos". (La ferritine est une protéine qui se lie au fer, et les taux de ferritine constituent un témoin fiable des stocks de fer).
Pour leur étude, Dosman et al. ont recruté 43 enfants autistes pour lesquels un test de ferritine avait été réalisé dans le cadre du diagnostic d'autisme d'un centre de dépistage. Tous ces enfants présentaient des taux de ferritine suffisamment abaissés pour entrer dans les plages associées au syndrome des jambes sans repose chez l'adulte.
Les chercheurs ont invité les parents à consigner les problèmes de sommeil de leur enfant, et à tenir un journal des aliments consommés tant avant qu'après huit semaines d'apport en fer (6 mg de fer élémentaire par kilo et par jour). Parmi les 43 d'enfants de départ, 33 ont poursuivi l'étude jusqu'au bout ; seuls deux ont abandonné du fait des effets secondaires des apports en fer.
Les chercheurs notent que 77 % des enfants présentaient au départ des problèmes de sommeil agité, contre seulement 20 % des enfants non handicapés. Parmi les enfants présentant un sommeil agité, 29 % ont connu une amélioration notable grâce à l'apport de fer. Les taux de ferritine ont également augmenté, ce qui conduit les chercheurs à imputer les taux de départ à des facteurs nutritionnels plutôt que génétiques. Ils précisent toutefois l'absence de rapport cohérent entre la prise de fer sous forme de compléments alimentaires et les taux de ferritine. Par ailleurs, les taux abaissés de ferritine n'étaient pas plus courants chez les enfants suivant un régime sans gluten ni caséine que chez les autres enfants de l'étude.
"Children with autism: effects of iron supplementation on sleep and ferritin" (effets de l'apport en fer sur le sommeil et la ferritine chez les enfants atteints d'autisme", C. Dosman, J. Brian, I. Drmic, A. Senthilselvan, M. Hartford, R. Smith, W. Sharieff, S. Zlotkin, H. Moldofsky et S. Wendy Roberts, Pediatric Neurology, Vol. 36, No. 3, mars 2007, 152-8. Adresse : Cara Dosman, 10230-111 Avenue, Edmonton, Alberta, Canada, T56 0B7, cdosman@telus.net.
Traduit par é.t.i.c
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