Autism Research Review International, 1990, Vol. 4, No. 2, page 3
La DMG, une métabolite non-toxique, dans le traitement de l'autisme
La diméthylglicine ou DMG est une substance légèrement sucrée, présentée il y a quelques années dans un article du " Journal of Laboratory and Clinical Medicine " (revue de la médecine de laboratoire et clinique) (1990, 481-6) comme un " composé simple sans effets secondaires identifiés ". Cet article sans le moindre rapport avec le traitement de l'autisme, décrivait une expérience visant à renforcer le système immunitaire de lapins de laboratoire au moyen de la DMG. L'expérience s'était avérée concluante : la réponse immunitaire aux infections des lapins auxquels l'on avait administré de la DMG était de 300 à 1 000% supérieure à celle du groupe de contrôle.
Officiellement considérée comme un nutriment, la DMG est en vente libre dans de nombreuses boutiques d'aliments naturels et peut être administrée sans ordonnance. Elle est fabriquée par différentes entreprises et se présente souvent sous la forme de plaquettes de petits comprimés pelliculés de la taille d'un tiers de comprimé d'aspirine.
Les enfants croquent avec plaisir ces comprimés au goût agréable, et le coût de la DMG demeure très raisonnable pour une consommation d'un à huit comprimés par jour (huit pour les adultes).
" Très bien, mais quel rapport avec l'autisme ? ", vous demandez-vous peut-être.
En 1965, deux chercheurs russes, M. G. Blumena et T. L. Belyakova, publiaient une étude faisant état d'une amélioration considérable du langage chez 12 sujets d'un groupe de 15 enfants handicapés mentaux jusque là dénués de tout langage expressif. On avait administré à ces enfants une substance connue sous le nom de pangamate de calcium, acide pangamique ou encore " vitamine B15 ". Au-delà du simple enrichissement de leur vocabulaire, les enfants s'étaient mis à former des phrases simples, à mieux fonctionner globalement sur le plan intellectuel, et à faire preuve de plus de concentration et d'intérêt pour les jouets et les jeux. Des études ultérieures avaient permis d'identifier le rôle spécifique joué par la DMG présente dans le calcium pangamate. Peu de temps après, le Dr Allan Cott, psychiatre, se rendait à Moscou dont il rapportait une petite quantité d'acide pangamique. Après avoir essayé cette substance auprès de plusieurs des enfants qu'il suivait, dont certains atteints d'autisme, nombre de ces enfants ont réagi de la même manière que les enfants russes. Citons à ce propos le témoignage d'une mère : " C'est incroyable, avant il se contentait de répéter des mots, maintenant il répond à des questions�. "
A peu près à la même époque, l'acide pangamique ou vitamine B15, arrivait sur le marché américain. Chaos complet, chaque fabricant prétendant commercialiser la " formule russe d'origine ". Au moins quatre formules différentes cohabitaient, probablement en partie du fait d'une confusion délibérément entretenue par les Russes. La DMG était présente en petites quantités dans chacune de ces formules. L'intervention de la FDA déclencha de longues batailles juridiques qui eurent, entre autres effets, celui de proscrire l'appellation de B15 : bien que la DMG ressemble à de nombreux égards aux vitamines du groupe B et soit présente dans les mêmes aliments, il n'existe pas de symptôme évidemment caractéristique d'une carence en DMG.
Ces procédures juridiques ont toutefois eu pour effet de légaliser la vente de la DMG qui est maintenant commercialisée comme complément alimentaire et non comme vitamine ou médicament.
Je m'intéresse depuis près de 25 ans à la question de la DMG et de l'acide pangamique, que j'ai évoqués dans certaines de mes conférences ainsi que des conversations et échanges de courriers avec les parents comme les professionnels. Toujours j'ajoute, " et surtout, si vous essayez la DMG, faites-moi part des résultats, même en l'absence de toute amélioration ".
Je suis aujourd'hui tellement fermement convaincu de l'intérêt de la DMG pour de nombreux enfants et adultes autistes que j'ai décidé d'en témoigner ouvertement dans les publications de l'ARRI (Autism Research Review International ) afin de promouvoir l'utilisation de cette substance.
D'aucuns seront effarés d'une telle témérité : " Où sont donc les essais en double aveugle avec placebo démontrant l'intérêt de cette substance pour les personnes atteintes d'autisme ? " demanderont-ils. Ma réponse est simple : " Il n'y a en a pas, et elles sont inutiles ". De nombreuses études en double-aveugle, bien que non consacrées à l'autisme, ont été bien entendu publiées dans la documentation scientifique et médicale. Ces études portaient non seulement sur l'homme mais aussi sur des animaux de laboratoire après consommation de doses souvent considérables de DMG. Comme indiqué plus haut, aucun effet secondaire indésirable n'a été constaté, y compris en cas de consommation massive (c'est volontairement que j'insiste sur l'idée de " consommation ", car la DMG n'est pas un médicament).
Aucun laboratoire ne détenant l'exclusivité de la fabrication de la DMG, la concurrence tire les prix et les bénéfices vers le bas. Il est donc très improbable que l'on assiste un jour au financement d'une étude en double aveugle sur l'effet de la DMG sur les enfants autistes. Les parents peuvent se procurer 30 comprimés pour environ 7 euros. Dans la plupart des cas, cela suffit amplement, y compris pour un adulte prenant au moins cinq comprimés par jour, pour se faire une idée. Si cela marche tant mieux. Sinon on aura juste perdu 7 euros (sans oublier toutefois que le DMG donne un coup de pouce au système immunitaire).
Pour permettre aux parents de s'appuyer sur des avis objectifs, je leur conseille généralement de n'indiquer à personne - enseignants, grands-parents et autres proches - que l'enfant est sous DMG. J'ai dans mes archives de nombreuses lettres du type " l'orthophoniste de mon fils trouve qu'il a fait plus de progrès ces deux dernières semaines qu'au cours des six derniers mois. Comme vous nous l'aviez suggéré, personne à l'école n'avait été informé que nous faisions un essai de DMG ".
Je suis à 100% favorable aux études en double aveugle pour des médicaments susceptibles d'avoir des effets secondaires indésirables, tels que la fenfluramine, l'aldol, ou autres médicaments. Il est en revanche ridicule de s'obstiner à vouloir ce genre d'étude pour une substance comme la DMG, qui n'est pas plus nocive que la tarte aux pommes ou le bouillon de poulet. Lorsque la DMG marche, ses effets se font généralement sentir en l'espace d'une ou de deux semaines. Dans le cas contraire, il est toutefois préférable d'attendre quelques semaines ou un mois avant d'abandonner. On a pu observer dans certains cas des résultats spectaculaires en seulement 24 heures. J'ai par exemple en tête le cas d'un enfant de Los Angeles. Sa mère conduisait sur l'autoroute, sa fille de trois ans à l'arrière, Sammy son fils autiste non-verbal à l'avant. Sammy était sous DMG depuis la veille. La petite commence à pleurer, Sammy se retourne et prononce ses tout premiers mots : " Ne pleure pas Kathy ". Des premiers mots qui ont failli faire perdre le contrôle de la voiture à sa mère.
Un cas similaire : au Texas, une mère installe sa fille autiste de six ans, non-verbale, à l'avant de la voiture puis avant de démarrer lance à son mari " je vais d'abord déposer Marie chez la baby-sitter ". Marie, qui prend de la DMG depuis deux jours, fait alors cadeau de ses premiers mots à ses parents : " Non, pas la baby-sitter !"
Lorsque la DMG fait effet, son apport se fait surtout sentir dans le langage, mais des améliorations du comportement sont également souvent notées. Un père avait entrepris de donner à son fils un comprimé par jour sans en informer l'école. Après s'être procuré une copie des fiches de comportement tenues par l'école, il avait pu constater que les jours sans problème de comportement correspondaient sans équivoque aux jours de prise de DMG.
Un article paru dans le New England Journal of Medicine (octobre 1982) présentait le cas d'un jeune homme handicapé mental de 22 ans, frappé de 16 à 18 crises d'épilepsie par semaine malgré la prise d'anticonvulsifs. Une fois sous DMG, il ne faisait plus que trois crises par semaine. Deux tentatives d'arrêt de la DMG s'étaient soldées par une remontée en flèche du nombre de crises. J'ai envoyé l'année dernière des informations sur la DMG à Lee Dae Kun, directeur du centre d'étude des troubles infantiles de Pusan en Corée. Il a essayé la DMG auprès de 39 enfants autistes âgés de trois à sept ans pendant trois mois. Voici la synthèse de ses résultats :
Progrès :
Oui : 31 (80%)Non : 8 (20%)
(amélioration du langage, de l'alimentation, de l'excrétion, de la collaboration, etc.)
Difficultés de sommeil pendant les deux premières semaines chez 8 enfants.
Plus de dynamisme chez 6 enfants pendant les deux premières semaines.
Lee Dae Kun indiquait que les parents, d'ordinaire sceptiques, avaient clairement constaté des améliorations. Il en concluait que la DMG, même si elle ne saurait constituer en soi un traitement, s'avérait très bénéfique pour les enfants atteints d'autisme. Les données recueillies sur l'emploi de la DMG chez les sujets plus âgés sont également encourageantes. La mère d'un garçon de 26 ans qui s'en prenait violemment à tout ce qui lui tombait sous la main (gens, téléviseurs, etc.) lorsqu'il était contrarié, a essayé la DMG, sans grande conviction, dans le cas où cela pourrait améliorer son langage, très limité. En l'absence d'effets sur le langage, la DMG a considérablement amélioré son seuil de tolérance à la frustration. " Mon mari, pourtant encore plus sceptique que moi, est maintenant fermement convaincu de l'intérêt de la DMG ", a-t-elle écrit. La DMG ne marche pas toujours, et il ne s'agit certainement pas d'un remède miracle, mais je pense que cela vaut toujours la peine de l'essayer, c'est du moins mon point de vue.
Si vous décidez vous aussi d'essayer, merci de me faire part de vos observations.
Traduit par é.t.i.c
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