Autism Research Institute

ARI Publication 40 / Avril 2007

Traitements biomédicaux de l'autisme

Synthèse du Dr James B. Adams, Ph.D.

Avril 2007 – voir les mises à jour ultérieures sur http://autism.asu.edu.

Introduction

Ce document se veut une synthèse des principaux traitements biomédicaux disponibles à ce jour pour les enfants et adultes atteints d'autisme et du syndrome d'Asperger. Si ces traitements ne donnent pas toujours les résultats espérés, ils n'en ont pas moins aidé des milliers d'enfants à progresser, parfois de manière spectaculaire.

Cette synthèse s'appuie essentiellement sur l'excellent ouvrage Autism: Effective Biomedical Treatments des Dr Jon Pangborn, Ph.D. et Sidney Baker, MD, publié par l'Autism Research Institute. Ce livre présente de manière beaucoup plus détaillée les tests et traitements abordés ici de manière succincte. Autre source d'information, Children with Starving Brains du Dr Jaquelyn McCandless. Après lecture de ce document, il sera vivement recommandé de consulter ces ouvrages pour des informations plus approfondies.

Cette synthèse suit globalement la philosophie du Defeat Autism Now!, qui consiste à essayer de traiter les causes sous-jacentes des symptômes de l'autisme en s'appuyant sur des bilans de laboratoire, la recherche scientifique et l'expérience clinique, en laissant une large part aux approches nutrithérapeutiques. De nombreux traitements du Defeat Autism Now! sont nés de l'écoute des parents et des médecins.

Evaluation parentale de l'efficacité des traitements

L'efficacité de la plupart des traitements présentés dans les pages suivantes a été évaluée par l'ARI à partir des données communiquées par plus de 23 000 parents sous la forme de questionnaires. Les résultats de la dernière enquête de l'ARI sont présentés dans les documents Evaluation de l'incidence des traitements biomédicaux sur le comportement que vous trouverez dans la section française du site de l'ARI.

Autres traitements

Les thérapies comportementales telles que l'analyse appliquée du comportement (ABA), peuvent être extrêmement efficaces en complément des traitements biomédicaux. De même, l'orthophonie, l'intégration sensorielle, la psychomotricité, l'ergothérapie ainsi qu'un bon programme éducatif peuvent être également déterminants. Enfin, un travail sur les compétences relationnelles tel qu'un programme RDI (Relationship Development Intervention) et la participation à des groupes d'aptitudes relationnelles peuvent être un atout pour travailler la relation et les compétences sociales. Un traitement biomédical vient quant à lui renforcer l'efficacité de ces prises en charge en améliorant la santé du cerveau et de l'organisme, facilitant ainsi les apprentissages.

Présentation de l'auteur

Professeur à l'Université de l'Arizona, James Adams se consacre à la recherche sur les causes biologiques de l'autisme et leur traitement. Ses travaux ont porté sur les vitamines, les minéraux, les acides gras essentiels, les acides aminés, les neurotransmetteurs, la toxicité des métaux lourds, la détoxication, les bactéries gastro-intestinales, la régulation du système immunitaire et les troubles du sommeil chez l'enfant et l'adulte atteints d'autisme. Il a assuré la direction de la rédaction du Defeat Autism Now! Consensus Report de 2005 consacré au traitement de l'intoxication mercurielle chez les enfants atteints d'autisme, et est membre du comité exécutif du mouvement Defeat Autism Now!. Il est titulaire d'un doctorat en génie des matériaux, mais se consacre maintenant à la recherche sur l'autisme. Il est également professeur adjoint au Southwest College of Naturopathic Medicine, président de l'ASA du Greater Phoenix, et père d'une adolescente autiste.

Mise en place des traitements

Ce document aborde les différents traitements dans un ordre correspondant approximativement à l'ordre qu'il est généralement conseillé de suivre, mais votre médecin pourra opter pour une progression différente. Certains médecins ont d'ailleurs leurs préférences. Il est avant tout primordial d'observer chaque fois que possible les effets de chaque traitement, à la fois en termes de comportement et de résultats des analyses de laboratoire.

Progression retenue

Remarque : cette synthèse n'est pas à considérer comme un protocole médical, et le lecteur est invité à consulter un médecin afin d'identifier avec lui les traitements les mieux adaptés à son enfant. L'autisme étant un spectre, chaque traitement doit être individualisé.

Remarque : cette synthèse reflète les points de vue du Dr James B. Adams et n'engage nullement l'Université de l'Arizona, l'ASA, le mouvement Defeat Autism Now! ou toute autre entité.

Remerciements

J'aimerais remercier les nombreux médecins et chercheurs du mouvement Defeat Autism Now!, les parents ainsi que tous ceux qui m'ont aidé à réunir les informations qui suivent. Mes remerciements vont tout particulièrement aux Dr Jon Pangborn, Ph.D. et Tapan Audhya.

Dédicace

Ce document est dédié au Dr Bernard Rimland, Ph.D., en mémoire de ses travaux novateurs en matière de recherche et de soutien à l'autisme, et de son rayonnement qui a conduit d'autres à le suivre dans cette voie. Merci Bernie.

Votre mémento

En cours

Déjà tenté

Planifié

Amélioration de l'alimentation

Allergies alimentaires

Régime SGSC

Vitamines/minéraux (ou jus)

Vitamine B6/magnésium à fortes doses

Acides gras essentiels

Traitement des intestins

- fongicides

- probiotiques

Enzymes digestives

Acides aminés

Mélatonine

Thyroïde

- bilan

- traitement

Sulfatation

Glutathion

Chélation

Régulation du système immunitaire

Alimentation

Discussion

L'organisme a besoin de certains nutriments tels que vitamines, minéraux, acides gras essentiels et acides aminés (issus des protéines). Une alimentation équilibrée en légumes, fruits, et protéines est nécessaire pour apporter ces nutriments essentiels.

Présentation du régime

Intérêt

Durée : à vie

Evaluation parentale des traitements de l'autisme de l'ARI

% aggravation

% sans effet

%  amélioration

Nombre de cas

Eviction du sucre

2%

51%

48%

3695

Régime Feingold

2%

45%

53%

758

Pour plus d'informations, voir le site www.feingold.org

Allergies alimentaires

Discussion

De nombreux enfants souffrant d'autisme présentent des allergies dues à des anomalies de leur système digestif et/ou immunitaire. Les aliments mal digérés et non fractionnés en sucres et acides aminés, etc. peuvent ensuite traverser la paroi intestinale et pénétrer dans le flux sanguin, en particulier si l'enfant présente une "paroi intestinale poreuse" du fait d'une inflammation. Le système immunitaire identifiant ces aliments comme "étrangers", il peut initier à leur encontre une réponse immunitaire résultant en une réaction allergique.

Traitement

Bilans

Certaines réactions allergiques sont immédiates, d'autres différées plusieurs heures ou jours suivants, ce qui les rend d'autant plus difficiles à détecter. Certaines réactions sont très fortes, telles qu'irritations cutanées, voire choc anaphylactique, d'autres plus modérées telles que maux de tête ou douleurs gastriques.

Les bilans peuvent inclure des observations, la consignation systématique des aliments consommés, des analyses de peau et de sang.

Observations : soyez attentif aux rougeurs sur les joues, les oreilles, ainsi qu'aux cernes noires sous les yeux, qui peuvent être symptomatiques d'allergies. Observez également les changements de comportement.

Consignation des aliments consommés : tenez un journal des aliments consignés en recherchant de possibles schémas de corrélation entre les symptômes et les aliments consommés au cours des trois derniers jours.

Bilans sanguins : des tests d'IgE et IgG peuvent être couramment réalisés. Les IgE correspondent à une réponse immunitaire immédiate, les IgG à une réponse immunitaire différée.

Tests cutanés : moins efficaces puisqu'ils ne révèlent que des réactions immédiates.

Les tests d'allergie demeurent limités en ce sens que les IgE peuvent demeurer négatifs en présence même des symptômes cliniques d'une allergie alimentaire. De même, les tests d'IgG et d'IgE peuvent s'avérer positifs en l'absence de tout symptôme clinique. Ces tests peuvent être toutefois réalisés pour faciliter l'identification des aliments à éviter et observer les effets de leur éviction.

Si vous n'êtes pas en mesure de réaliser de tels tests, une autre méthode consiste à procéder à l'éviction des aliments allergènes les plus courants, dont le gluten, les produits laitiers, le sucre de canne, le maïs, le soja, les levures, l'arachide, les œufs, les colorants artificiels et les conservateurs artificiels. En présence d'améliorations, essayez de réintroduire chacun de ces aliments tous les quatre jours. Le gluten et les produits laitiers demeurent les derniers à réintroduire.

Intérêt

L'éviction des aliments allergènes peut entraîner de nombreuses améliorations chez certains enfants, en particulier en termes de comportement et d'attention.

Evaluation parentale des traitements de l'autisme de l'ARI

% aggravation

% amélioration

Nombre de cas

Eviction des allergènes

3%

37%

560

Régime de rotation

2%

50%

792

Eviction du chocolat

2%

49%

1721

Eviction des oeufs

2%

58%

1096

Durée

Certaines allergies (telles que l'allergie à l'arachide) semblent définitives, tandis que d'autres peuvent s'estomper une fois l'inflammation intestinale résorbée ou le système immunitaire rééquilibré.

Recherche

  • Une étude de Vojdani et al. a révélé la présence d'allergies alimentaires chez de nombreux enfants autistes.
    Vojdani A., O'Bryan T., Green J. A., McCandless J., Woeller K. N., Vojdani E., Nourian A. A., Cooper E. L., "Immune response to dietary proteins, gliadin and cerebellar peptides in children with autism" (réponse immunitaire aux protéines, à la gliadine et aux peptides ayant un effet sur le cervelet chez les enfants atteints d'autisme), Nutritional Neuroscience, juin 2004 ; 7(3):151-61.
  • Une étude ouverte menée par Lucarelli et al. auprès de 36 enfants a mis en évidence l'intérêt d'un régime d'éviction des aliments réputés allergènes pendant huit semaines.
    Lucarelli et al., "Food allergy and infantile autism" (allergies alimentaires et autisme infantile), Panminerva Medica, sept. 1995 ; 37(3):137-41.
  • Une étude de Kushak et Buie a conclu à un possible déficit des enzymes digestives, en termes de quantité ou d'activité, pour les sucres complexes, manque se soldant chez les sujets autistes par des difficultés pour digérer correctement les amidons et les sucres.
  • Différentes études de Horvath, Wakefield, Buie ainsi que d'autres ont démontré que l'inflammation intestinale était courante dans l'autisme. Cette inflammation peut entraîner le "syndrome de l'intestin poreux", qui permet à des aliments partiellement digérés de pénétrer dans le flot sanguin, entraînant ainsi une possible réponse allergique.

    Horvath K. et al, "Gastrointestinal abnormalities in children with autistic disorder" (anomalies gastro-intestinales chez les enfants atteints d'un trouble du spectre autistique), Journal of  Pediatrics, 135 no. 5 (1999) 559-563.

    Wakefield et al., "Enterocolitis in children with developmental disorders"(antérocolite chez les enfants atteints de troubles du développement), American Journal of Gastroenterology, sept. 2000 ; 95(9):2285-95.

    Kushak R and Buie T “Disaccharidase deficiencies in patients with autistic spectrum disorders” (deficit en disaccharidase), congrès Defeat Autism Now! de la Nouvelle-Orléans, janvier 2004.

    Horvath K. et Perman J. A., "Autistic disorder and gastrointestinal disease" (autisme et pathologies gastrointestinales), Current Opinion in Pediatrics, 14 (2002) 583.

    Wakefield et al., "Enterocolitis in children with developmental disorders" (entérocolite chez les enfants atteints de troubles développementaux), American Journal of Gastroenterology, sept. 2000 ; 95(9):2285-95.

    Kushak R. et Buie T., "Disaccharidase deficiencies in patients with autistic spectrum disorders” (digestion des disaccharides chez les sujets atteints d'un trouble du spectre autistique), congrès Defeat Autism Now! de la Nouvelle-Orléans, janvier 2004.
  • Eviction du gluten, de la caséine (et souvent du maïs et du soja)

    Discussion

    L'évolution de l'homme ne s'est pas appuyée sur une consommation soutenue de blé et de produits laitiers. L'être humain est la seule espèce à boire du lait à l'âge adulte, et en particulier à consommer le lait d'une autre espèce. Le lait de vache est parfait pour les veaux, mais non pour l'humain, en particulier passé l'âge de l'allaitement.

    Au cours des siècles passés, la culture du blé a évolué de manière à augmenter sensiblement sa teneur en gluten, et l'alimentation américaine classique se caractérise aujourd'hui par une consommation de blé beaucoup plus soutenue qu'il y a 1000 à 10 000 ans. Le gluten (présent dans le blé, le seigle, l'orge et le cas échéant l'avoine) ainsi que la caséine (omniprésente dans les produits laitiers) peuvent présenter deux problèmes :

    1. il s'agit d'allergènes connus (voir les sections précédentes), en particulier chez l'enfant et l'adulte atteints d'autisme,

    2. Certains peptides issus du gluten et de la caséine peuvent se lier aux récepteurs opioïdes du cerveau et exercer un effet notable sur le comportement (à la manière de l'héroïne ou de la morphine), et entraîner des troubles tels que troubles du sommeil, manque d'attention/"déconnexion", ainsi que des comportements agressifs, voire automutilateurs ; à l'instar des substances opioïdes, ils peuvent induire une forte dépendance, et leur éviction peut s'accompagner d'un effet de sevrage spectaculaire.

    Ces problèmes semblent être dus à :

    1) une incapacité du système digestif à fractionner de manière satisfaisante le gluten et la caséine en acides aminés uniques,

    2) une inflammation des intestins permettant aux peptides de gluten et de caséine de rejoindre le flux sanguin et d'atteindre les récepteurs opioïdes du cerveau.

    Traitement